CO129-172 - Public Offices & Others - 1875 — Page 218

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une responsabilité dont il ne se dissimule pas le poids. S'il n'a pas cru devoir la décliner, c'est dans la pensée de prévenir par l'intervention de ses Représentants les conflits auxquels pourraient donner naissance dans les premiers temps, surtout de la part des autorités Annamites, l'obligation d'entretenir des rapports nouveaux pour elles avec les étrangers. En stipulant au profit du commerce de toutes les Puissances l'ouverture de certains ports de l'Annam, le Gouvernement Français ne devait pas compter en effet sur une modification immédiate des idées d'un peuple qui se refusait jusqu'ici à toute relation avec le dehors et dont les répugnances n'ont cédé que devant la perspective de compensations importantes.

Ces compensations résultent des secours de différente nature que le Royaume d'Annam recevra de la France, et pour que notre assistance ne demeure pas stérile, pour qu'elle ramène dans le pays l'ordre et la prospérité, nous avions à prévenir, par des mesures de prévoyance, la possibilité de toute complication de nature à entraver nos efforts.

La France abandonne à l'Annam une somme assez élevée qui lui est due et reste garante vis-à-vis de l'Espagne du paiement de la part d'indemnité qu'elle est fondée à réclamer en vertu du Traité du 5 Juin, 1862. A ce titre encore nous étions fondés à réclamer un droit de contrôle suffisant pour que cette garantie ne devînt pas une charge de plus à ajouter à celles que nous assumons.

Le Gouvernement de Sa Majesté Britannique, lorsqu'il a voulu mettre un terme à l'anarchie qui régnait dans des Etats de la presqu'île de Malacca, voisins de ses établissements, a jugé lui-même nécessaire de réserver à ses Représentants une influence décisive sur la direction des affaires. Le Traité conclu le 14 Janvier, 1874, entre M. le Gouverneur des Straits Settlements et le Chef de Perak paraît, à cet égard, plus étendu que ne le fait ressortir l'exposé sommaire inséré au Memorandum annexé à la lettre de Lord Lytton du 15 Novembre, 1874. En dehors de l'Article X, qui investit les résidents Anglais d'un droit de contrôle sur le revenu et l'administration du pays, les Articles VI et VII portent, en effet, que les avis de ces hauts fonctionnaires devront être suivis dans toutes les affaires autres que celles se rapportant à la religion et aux coutumes. D'ailleurs, en faisant à ces arrangements une allusion suggérée par l'analogie des exigences auxquelles la France et l'Angleterre se trouvaient respectivement avoir à satisfaire, nous n'avions d'autre pensée que d'indiquer par ce rapprochement les nécessités qui s'imposent à toute Puissance Européenne placée dans de circonstances semblables.

Les luttes sanglantes qui désolent le Tonkin, les excès de toute sorte auxquels se portent des pirates, aussi nombreux que redoutables, sur le littoral du Royaume d'Annam, étaient faits pour appeler particulièrement l'attention du Gouvernement Français. L'influence qu'il devait à ses anciennes relations avec la Cour de Hué, la confiance qu'il lui a inspirée en lui offrant des témoignages certains de bon vouloir et d'amitié, lui ont permis de surmonter la répugnance d'une nation qui paraissait résolue à interdire à l'élément étranger l'accès de son territoire. Il a mis à profit les dispositions favorables qu'il rencontrait pour consacrer par des stipulations, qui n'ont rien d'exclusif, un régime nouveau constituant un incontestable progrès. C'est à l'initiative de la France que ces concessions sont dues, et quels que soient les avantages particuliers qu'elles lui assurent pour prix de ses sacrifices, elles profiteront au commerce de tous les pays dont le pavillon est représenté dans les mers de l'Indo-Chine.

No. 8.

(No. 149. My Lord,

Lord Lyons to the Earl of Derby.-(Received February 17.) Confidential)

Paris, February 16, 1875.

I RECEIVED the day before yesterday the Confidential despatch No. 96 of the 11th instant, with which your Lordship did me the honour to send me a copy of a letter from the Colonial Office, expressing the Earl of Carnarvon's views as to the draft, which had been given to me confidentially and unofficially by the Duc Decazes, of a proposed answer to the remonstrances of Her Majesty's Government respecting the Commercial Treaty between France and Annam.

I had already, as your Lordship knows, stated to the Duc Decazes in an autograph letter, that an answer in the terms of that draft could not but be regarded as most unsatisfactory by Her Majesty's Government. On becoming acquainted with Lord Carnarvon's views, I drew up a Memorandum repeating this statement, and adding some observations on some particular points in the French draft.

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21 une responsabilité dont il ne se dissimule pas le poids. S'il n'a pas cru devoir la décliner, c'est dans la pensée de prévenir par l'intervention de ses Représentants les conflits auxquels pourraient donner naissance dans les premiers temps, surtout de la part des autorités Annamites, l'obligation d'entretenir des rapports nouveaux pour elles avec les étrangers. En stipulant au profit du commerce de toutes les Puissances l'ouverture de certains ports de l'Annam, le Gouvernement Français ne devait pas compter en effet sur une modification immédiate des idées d'un peuple qui se refusait jusqu'ici à toute relation avec le dehors et dont les répugnances n'ont cédé que devant la perspective de compensations importantes. Ces compensations résultent des secours de différente nature que le Royaume d'Annam recevra de la France, et pour que notre assistance ne demeure pas stérile, pour qu'elle ramène dans le pays l'ordre et la prospérité, nous avions à prévenir, par des mesures de prévoyance, la possibilité de toute complication de nature à entraver nos efforts. La France abandonne à l'Annam une somme assez élevée qui lui est due et reste garante vis-à-vis de l'Espagne du paiement de la part d'indemnité qu'elle est fondée à réclamer en vertu du Traité du 5 Juin, 1862. A ce titre encore nous étions fondés à réclamer un droit de contrôle suffisant pour que cette garantie ne devînt pas une charge de plus à ajouter à celles que nous assumons. Le Gouvernement de Sa Majesté Britannique, lorsqu'il a voulu mettre un terme à l'anarchie qui régnait dans des Etats de la presqu'île de Malacca, voisins de ses établissements, a jugé lui-même nécessaire de réserver à ses Représentants une influence décisive sur la direction des affaires. Le Traité conclu le 14 Janvier, 1874, entre M. le Gouverneur des Straits Settlements et le Chef de Perak paraît, à cet égard, plus étendu que ne le fait ressortir l'exposé sommaire inséré au Memorandum annexé à la lettre de Lord Lytton du 15 Novembre, 1874. En dehors de l'Article X, qui investit les résidents Anglais d'un droit de contrôle sur le revenu et l'administration du pays, les Articles VI et VII portent, en effet, que les avis de ces hauts fonctionnaires devront être suivis dans toutes les affaires autres que celles se rapportant à la religion et aux coutumes. D'ailleurs, en faisant à ces arrangements une allusion suggérée par l'analogie des exigences auxquelles la France et l'Angleterre se trouvaient respectivement avoir à satisfaire, nous n'avions d'autre pensée que d'indiquer par ce rapprochement les nécessités qui s'imposent à toute Puissance Européenne placée dans de circonstances semblables. Les luttes sanglantes qui désolent le Tonkin, les excès de toute sorte auxquels se portent des pirates, aussi nombreux que redoutables, sur le littoral du Royaume d'Annam, étaient faits pour appeler particulièrement l'attention du Gouvernement Français. L'influence qu'il devait à ses anciennes relations avec la Cour de Hué, la confiance qu'il lui a inspirée en lui offrant des témoignages certains de bon vouloir et d'amitié, lui ont permis de surmonter la répugnance d'une nation qui paraissait résolue à interdire à l'élément étranger l'accès de son territoire. Il a mis à profit les dispositions favorables qu'il rencontrait pour consacrer par des stipulations, qui n'ont rien d'exclusif, un régime nouveau constituant un incontestable progrès. C'est à l'initiative de la France que ces concessions sont dues, et quels que soient les avantages particuliers qu'elles lui assurent pour prix de ses sacrifices, elles profiteront au commerce de tous les pays dont le pavillon est représenté dans les mers de l'Indo-Chine. No. 8. (No. 149. My Lord, Lord Lyons to the Earl of Derby.-(Received February 17.) Confidential) Paris, February 16, 1875. I RECEIVED the day before yesterday the Confidential despatch No. 96 of the 11th instant, with which your Lordship did me the honour to send me a copy of a letter from the Colonial Office, expressing the Earl of Carnarvon's views as to the draft, which had been given to me confidentially and unofficially by the Duc Decazes, of a proposed answer to the remonstrances of Her Majesty's Government respecting the Commercial Treaty between France and Annam. I had already, as your Lordship knows, stated to the Duc Decazes in an autograph letter, that an answer in the terms of that draft could not but be regarded as most unsatisfactory by Her Majesty's Government. On becoming acquainted with Lord Carnarvon's views, I drew up a Memorandum repeating this statement, and adding some observations on some particular points in the French draft. [81] G 212
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T 21 une responsabilité dont il ne se dissimule pas le poids. S'il n'a pas eru devoir la décliner, c'est dans la pensée de prévenir par l'intervention de ses Représentants les conflits auxquels pourraient donner naissance dans les premiers temps, surtout de la part des autorités Annamites, l'obligation d'entretenir des rapports nouveaux pour elles avec les étrangers. En stipulant au profit du commerce de toutes les Puissances l'ouverture de certains ports de l'Annam, le Gouvernement Français ne devait pas compter en effet sur une modifi- cation immédiate des idées d'un peuple qui se refusait jusqu'ici à toute relation avec le dehors et dont les répugnances n'ont dédé que devant la perspective de compensations importantes. Ces compensations résultent des secours de différente nature que le Royaume d'Annam recevra de la France, et pour que notre assistance ne demeure pas stérile, pour qu'elle ramène dans le pays l'ordre et la prospérité, nous avions à prévenir, par des mesures de prévoyance, la possibilité de toute complication de nature à entraver nos efforts. La France abandonne à l'Annan une somme assez élevée qui lui est due et reste garante vis-à-vis de l'Espagne du patement de la part d'indemnité qu'elle est fondée à réclamer en vertu du Traité du 5 Jun, 1862. A ce titre encore nous étions fondés à réclamer un droit de contrôle suffisant pour que cette garantic ne devint pas une charge de plus à ajouter à celles que nous assurons. Le Gouvernement de Sa Majesté Britannique, lorsqu'il a voulu mettre un terme à l'anarchie qui régnait dans des Etats de la presqu'île de Malacca, voisins de ses établissements, a jugé lui-même nécessaire de réserver à ses Représentants une influence décisive sur la direction des affaires. Le Traité conclu le 14 Janvier, 1874, entre M. le Gouverneur des Straits Settlements et le Chef de Perak paraît, à cet égard, plus étendu que ne le fait ressortir l'expose sommaire inséré au Memorandum annexé à la lettre de Lord Lytton du 15 Novembre, 1874. En dehors de l'Article X, qui investit les résidents Anglais d'un droit de contrôle sur le revenu et l'administration du pays, les Articles VI et VII portent, en effet, que les avis de ces hautes fonctionnaires devront être suivis dans toutes les affaires autres que celles se apportant à la religion et aux coutumes. D'ailleurs, en faisant à ces arrangements une allusion suggérée par l'analogie des exigences auxquelles la France et l'Angleterre se trouvaient respectivement avoir à satisfaire, nous n'avions d'autre pensée que d'indiquer par ce fapprochement les nécessités qui s'imposent à toute Puissance Européenne placée dans de circonstances semblables. Les luttes sanglantes qui désolent le Toukin, les excès de toute sorte auxquelles se portent des pirates, aussi nombreux qhe redoutables, sur le littoral du Royaume d'Annam, étaient faits pour appeler particulièrement l'attention du Gouvernement Français. L'influ- ence qu'il devait à ses anciennes relations avec la Cour de Hué, la confiance qu'il lui a inspirée en lui offrant des témoignages certains de bon vouloir et d'amitié, lui ont permis de surmonter la répugnance d'une ation qui paraissait résolue à interdire à l'élément étranger l'accès de son territoire. Il a mis à profit les dispositions favorables qu'il rencontrait pour consacrer par des stipulations, qui n'ont rien d'exclusif, un régime nouveau constituant un incontestable progrès. C'est à l'initiative de la France que ces concessions sont dues, et quels que soient les avantages particuliers qu'elles lai assurent pour prix de ses sacrifices, elles profiteront au commerce de tous les pays dont le pavillon est représenté dans les mers de l'Indo Chine. No. 8. (No. 149. My Lord, Lord Lyons to the Earl of Derby.-(Received February 17.) Confidential) Paris, February 16, 1875. I RECEIVED the day before yesterday the Confidential despatch No. 96 of the 11th instant, with which your Lordship did me the honour to send me a copy of a letter from the Colonial Office, expressing the Earl of Carnarvon's views as to the draft, which had been given to me confidentially and unofficially by the Due Decazes, of a proposed answer to the remonstrances of Her Majesty's Government respecting the Commercial Treaty between France and Annam. I had already, as your Lordship knows, stated to the Duc Decazes in an autograph letter, that an answer in the terms of that draft could not but be regarded as most unsatis- factory by Her Majesty's Government. On becoming acquainted with Lord Carnarvon's views, I drew up a Memorandum repeating this statement, and adding some observations on some particular points in the French draft. [81] G 212
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une responsabilité dont il ne se dissimule pas le poids. S'il n'a pas eru devoir la décliner, c'est dans la pensée de prévenir par l'intervention de ses Représentants les conflits auxquels pourraient donner naissance dans les premiers temps, surtout de la part des autorités Annamites, l'obligation d'entretenir des rapports nouveaux pour elles avec les étrangers. En stipulant au profit du commerce de toutes les Puissances l'ouverture de certains ports de l'Annam, le Gouvernement Français ne devait pas compter en effet sur une modifi- cation immédiate des idées d'un peuple qui se refusait jusqu'ici à toute relation avec le dehors et dont les répugnances n'ont dédé que devant la perspective de compensations importantes.

Ces compensations résultent des secours de différente nature que le Royaume d'Annam recevra de la France, et pour que notre assistance ne demeure pas stérile, pour qu'elle ramène dans le pays l'ordre et la prospérité, nous avions à prévenir, par des mesures de prévoyance, la possibilité de toute complication de nature à entraver nos efforts.

La France abandonne à l'Annan une somme assez élevée qui lui est due et reste garante vis-à-vis de l'Espagne du patement de la part d'indemnité qu'elle est fondée à réclamer en vertu du Traité du 5 Jun, 1862. A ce titre encore nous étions fondés à réclamer un droit de contrôle suffisant pour que cette garantic ne devint pas une charge de plus à ajouter à celles que nous assurons.

Le Gouvernement de Sa Majesté Britannique, lorsqu'il a voulu mettre un terme à l'anarchie qui régnait dans des Etats de la presqu'île de Malacca, voisins de ses établissements, a jugé lui-même nécessaire de réserver à ses Représentants une influence décisive sur la direction des affaires. Le Traité conclu le 14 Janvier, 1874, entre M. le Gouverneur des Straits Settlements et le Chef de Perak paraît, à cet égard, plus étendu que ne le fait ressortir l'expose sommaire inséré au Memorandum annexé à la lettre de Lord Lytton du 15 Novembre, 1874. En dehors de l'Article X, qui investit les résidents Anglais d'un droit de contrôle sur le revenu et l'administration du pays, les Articles VI et VII portent, en effet, que les avis de ces hautes fonctionnaires devront être suivis dans toutes les affaires autres que celles se apportant à la religion et aux coutumes. D'ailleurs, en faisant à ces arrangements une allusion suggérée par l'analogie des exigences auxquelles la France et l'Angleterre se trouvaient respectivement avoir à satisfaire, nous n'avions d'autre pensée que d'indiquer par ce fapprochement les nécessités qui s'imposent à toute Puissance Européenne placée dans de circonstances semblables.

Les luttes sanglantes qui désolent le Toukin, les excès de toute sorte auxquelles se portent des pirates, aussi nombreux qhe redoutables, sur le littoral du Royaume d'Annam, étaient faits pour appeler particulièrement l'attention du Gouvernement Français. L'influ- ence qu'il devait à ses anciennes relations avec la Cour de Hué, la confiance qu'il lui a inspirée en lui offrant des témoignages certains de bon vouloir et d'amitié, lui ont permis de surmonter la répugnance d'une ation qui paraissait résolue à interdire à l'élément étranger l'accès de son territoire. Il a mis à profit les dispositions favorables qu'il rencontrait pour consacrer par des stipulations, qui n'ont rien d'exclusif, un régime nouveau constituant un incontestable progrès. C'est à l'initiative de la France que ces concessions sont dues, et quels que soient les avantages particuliers qu'elles lai assurent pour prix de ses sacrifices, elles profiteront au commerce de tous les pays dont le pavillon est représenté dans les mers de l'Indo Chine.

No. 8.

(No. 149. My Lord,

Lord Lyons to the Earl of Derby.-(Received February 17.) Confidential)

Paris, February 16, 1875. I RECEIVED the day before yesterday the Confidential despatch No. 96 of the 11th instant, with which your Lordship did me the honour to send me a copy of a letter from the Colonial Office, expressing the Earl of Carnarvon's views as to the draft, which had been given to me confidentially and unofficially by the Due Decazes, of a proposed answer to the remonstrances of Her Majesty's Government respecting the Commercial Treaty between France and Annam.

I had already, as your Lordship knows, stated to the Duc Decazes in an autograph letter, that an answer in the terms of that draft could not but be regarded as most unsatis- factory by Her Majesty's Government. On becoming acquainted with Lord Carnarvon's views, I drew up a Memorandum repeating this statement, and adding some observations on some particular points in the French draft.

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